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Date de création : 17.06.2012
Dernière mise à jour : 31.07.2018
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Les larmes rouges

Les larmes rouges

Les larmes rouges

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Chère Diane,

Je ne sais pas pourquoi j’écris ce prénom ni même cette lettre, je me laisse guider, ma main inscrit seule les mots qui se bousculent dans ma tête. Je viens de rentrer de ton enterrement.

 Où vont toutes les larmes que l’on pleure ? Parfois, je pense qu’il existe une fontaine où coule d’un clapotis tranquille toute la tristesse du monde… Peut-être même que cette fontaine abreuve tous ceux qui ont perdu la vie. Si c’est le cas, je continuerai, jour et nuit, à t’offrir l’élixir de mon désespoir.  Est-ce qu’un jour je te retrouverai ? Est-ce qu’un jour on se reverra pour se rappeler ces bons moments, ces souvenirs qui ont disparu avec toi ?   Je me suis perdue dans la tristesse, le monde lentement s’éloigne et je me retrouve seule, plongée dans ce désespoir profond. Mon seul refuge c’est ton visage encore gravé dans mes pensées, ma seule maison c’est ce rire, le tien, celui de ma sœur, ma meilleure amie. Je le jure, je ne t’oublierai pas, jamais. Et je vis seulement parce qu’un jour tu m’as fait promettre de ma battre, toujours, jusqu’à ce que la mort me prenne.

 

Chère Claire, ma tendre amie,

N’aie pas peur, tu n’es pas seule… Tu sais que je suis là, tu sais que ce n’est pas vrai, que je n’ai pas disparu. Tant que tu croiras encore en moi, je serai, je vis en toi…

 

Je le savais, j’en étais sûr ! Je savais que tu ne me laisserais pas tomber dans cet abîme si profond ! Je me sentais si seule, assise dans un coin, incomprise, délaissée. J’entends les moqueries des autres, je vois ces regards tranchant et froid qui me transpercent le cœur. Toute leur haine me pèse tellement ! Et tes paroles… maintenant que je sais, je me sens si légère ! Comme libérée d’un poids ! 

Mais où es-tu ? Que fais-tu ? Quand pourrai-je te revoir ? Te serrer dans mes bras, entendre ton si beau rire…

 

Ne me cherche pas. Je suis là. Ce que je fais ? Je te garde, je t’aime, je te protège. Si tu pourras me revoir ? Mais regarde ! Ne me vois tu pas ? Je demeure près de toi, plus près que je ne l’ai jamais été. 

 Et toi Claire ? A quoi penses-tu ? De quoi rêves-tu ? Est-ce-que ton sourire a vu son dernier jour ?  Je t’en prie, confie-toi, tu sais que tu peux me faire confiance.

 

Je te cherche continuellement sans jamais te trouver. Je ne sens que ta présence, laisse-moi te voir, rien qu’une fois, berce-moi de ta voix si mélodieuse… Je pense à la joie passée, à la tristesse présente et à l’allégresse future. Je rêve du jour, où, enfin, nous serons à nouveau réunis. Je n’arrive plus à sourire depuis que ton cœur a cessé de battre, depuis que tu as pris ton dernier souffle, depuis que le monde m’a si cruellement abandonné…

 

Je t’en prie, ne me cherche pas… je disparaîtrai. Est-ce-que tu comprends ? Je suis comme ces ombres, volatiles, éphémères, elles s’échappent lorsque l’on tente de les saisir. Je suis cachée, condamnée, pauvre âme qui erre pour te veiller. Je me noie dans l’obscurité. Je te suis dans ton ombre. Tu ne peux pas imaginer combien elle est noire et froide dans ton dos.

 

Pourquoi disparais-tu ? Où te caches-tu ? Pourquoi te réfugies-tu de cette obscurité maladive, sombre. Cette ombre ne m’atteindra pas, je lutterai avec toi.

Te souviens-tu de ce jour de mai, où la pluie ruisselait sur les vitres, où ce vent sifflait doucement…   Le jour où tout a commencé. Le jour où l’on s’est rencontré. J’étais seule, si seule, assise dans un coin, et toi, aussi majestueuse et gracieuse qu’une déesse, tu es arrivée vers moi et tu m’as enchanté de ton sourire sucré…   On  a discuté, ris et lentement, nous nous sommes dissoutes, nous mélangeant, inséparable comme la fleur et le printemps.

 

Maintenant je vis derrière toi. J’ai si froid ! La mort, si loin mais si proche ! Elle me poursuit. Aide-moi ! Je suis à la porte de ton cœur et je toque. Vas-tu m’ouvrir ? J’ai besoin d’un endroit chaud pour me reposer, j’ai besoin d’amour et de place. Je n’ai que toi ! Héberge-moi !

 

Je t’ai déjà ouvert mon cœur. Il y a de la place pour toi partout où je suis, partout où je vais. Jamais je ne te laisserai seule, la mort t’as déjà enlevée à moi mais elle ne recommencera pas, je t’ai retrouvé et tu resteras, je t’ouvre les portes de mon cœur, de ma tête, je te fais confiance…

 

Je rentre. Qu’il fait bon ici ! J’ai l’impression de retrouver ma maison. Je suis chez moi, rassurée, apaisée. J’ai tant besoin de toi ! Et toi aussi tu as besoin de moi. Laisse-moi te guider, laisse-moi t’aider ! Je ne supporte plus cette trainée de mal qui s’accroche à tes pas.

 

Guide moi, emmène-moi là où tu le désir. Je te suivrai sans poser de question, je t’obéirai.

 .............................................................................................

 

Chère Diane,                                                                                                                                                          

Que se passe-t-il ? Qu’ai-je fait ? Un incendie a commencé au lycée. Une flamme, une odeur, une lumière… Je ne savais plus où j’étais, ce que je faisais là. La foule me bousculait, je t’ai perdu, je ne sais plus où tu es… Qui a fait ça ? Tous ces regards insistants. Que s’est-il passé ? Le bâtiment est en cendres. Tout est gris tel l’argent, l’or a cédé sa place. C’était un des seuls endroits, à part mon cœur où il restait un peu de toi. Maintenant, plus rien, rien que des poussières qui volent au vent.

 

Ne t’inquiète pas Claire. Je suis là. Tu n’as rien fait, et, je ne te quitte pas. Repose-toi sur mon épaule, pleure un peu si tu es triste, mais laisse-moi, laisse-moi t’aider… Je ne te veux que du bien. Tu comprends, je n’ai que toi contre le mal qui me traque, qui me guette, qui nous guette.

 

Je t’écoute, je te réponds. A deux, nous deux, nous sommes plus fortes et nous lutterons contre ce mal qui nous traque. J’ai repris confiance, je te suis… Mais, ces regards, oui, ces regards persistants… Qu’ai-je fait pour les mériter ? Que puis-je faire pour les arrêter ?

 

Nous ne pouvons que s’aimer. C’est moi qui te protège de leurs diableries. Ces regards sont-ils si fourbes ? C’est eux qui font tout notre mal. Mais laisse-moi faire, laisse-toi bercer, laisse-moi t’aider. Je les connais. De vieux ennemis…. Je te protège… Je n’ai que toi.

 

Ce couloir blanc, si calme, ces lits vides attendant la souffrance, ces taches rouges sur le sol, ces cœurs meurtris…    Que s’est-il passé ? Je me souviens. Leurs yeux immobiles et puis… cette alarme au bruit si déchirant, ces mots :  « c’est fini, ils sont partis »  Il ne reste rien, rien que des cris qui se mêlent à la mort… Et, toujours, ces regards….

 

Ne t’inquiète pas Claire, tes parents sont là, avec moi. Mais ils ne parlent pas, ils ne peuvent pas. Tu es seule, et maintenant il n’y a que toi et moi, contre la douleur qui nous ronge, contre la haine du monde. Laisse-moi, laisse-moi t’aider…

 

Cette douleur persistante qui ne disparait pas, et, ce sentiment indescriptible… Qu’est-ce ? Pourquoi ? Que s’est-il réellement passé ? Qui m’a arraché tous ces êtres chers ? Ce sentiment… Un jour ce malheur cessera-t-il ? Ce mal, disparaitra-t-il ? Promet-moi, je t’en supplie, promet-moi qu’un jour je guérirai…

 

Je ne peux pas. Je ne sais pas. Ce n’est pas nous et ce n’est pas toi ! Laisse-moi ! C’est-eux, ils sont… terribles ! Ferme les yeux ! Laisse-moi… Laisse-moi t’aider, je t’en prie, dors…

 

Je marche d’un pas pressé, je sais qu’il m’attend, qu’il va m’écouter, qu’il va m’aider…

Je me suis assise devant lui, mon cœur battait à la chamade !            

« Que-se passe-t-il ma sœur ? »    

 Si seulement je le savais, que pouvais-je lui répondre ? Je ne sais pas…

« -Je l’ignore, ma vie est troublée. Les mots se bousculent. Je me souviens de cet incendie…    Je me souviens de ce couloir blanc, si calme… Je me souviens de ce sentiment qui me hante… Mais, pourquoi ?

                -Calme-toi Claire, regarde-moi. Quel est ce sentiment dont tu parles ?

 -C’est un sentiment si indescriptible, si imperceptible… Cette subtile émotion qui me ronge lentement, cruellement…

 -Mais, qu’as-tu fais ? Que s’est-il passé ?

 -Je l’ignore, mes souvenirs sont flous, vagues et indécis.

 -C’est étrange, j’ai comme l’impression que tu es différente. Je ne te reconnais plus.

 -Différente ? Je ne me sens plus seule désormais, je suis presque heureuse.

 -Et pourtant, te ne vois jamais personne, cela doit faire deux ans que tu n’as  pas dit un mot. Que t’arrive-t-il ? Laisse-moi t’aider petite sœur…

 

Dors …

 

Ce grand vide, cet abîme sombre, ces vêtements noirs et ces chrysanthèmes sur cette pierre de marbre. Et puis ces inscriptions :   Jean Robian 1980-2013

Pourquoi est-il parti ? Qu’ai-je encore fait ? Mon frère, mon tendre frère… Je l’aime, je l’aimais, comme mes parents, comme toi… Je l’aimais et il n’est plus là.

 

Et maintenant, il ne reste plus que toi, et moi, ou presque. Si cela continue, nous serons seule, ensemble. Repose-toi, repose-toi encore un peu.

 

J’ouvris un œil, puis l’autre. Je découvris cette lumière si froide. Et encore et toujours ce même sentiment indescriptible qui me ronge et qui ne me quitte pas. Que va-t-il se passer ? Pourquoi suis-je dans ce train, seule ?

 

Dors, dors encore un peu…

 Crime à Lyon, où est l’assassin ?

Hier à 23h, la police a retrouvé le corps d’une jeune femme gisant dans son appartement d’après ses proches elle n’aurait que peu de connaissances et l’on s’interroge encore sur les raisons du meurtrier qui demeure introuvable. Les voisins interrogés ont avoué n’avoir rien entendu de particulier mis à part une vieille dame qui assure avoir ouï des bruits de pas légers comme ceux d’un enfant.

 

 

Les forces publiques ont enquêtés dans les environs et n’ont trouvé aucune trace de l’assassin de la jeune femme nommée Marie Relier. Aux dernières nouvelles on entend dire qu’un individu étrange, petit, maigrelet et couvert d’un long manteau aurait été aperçu par des paysans alors en train de se réfugier dans l’une des nombreuses grottes nichée dans les montagnes qui domine la ville de Lyon.

 

 Ce journal, cet article, Marie…  Ses yeux argent, ce regard tendre… Je me sentais protégée, en sécurité.

Je me souviens de cette chaude journée d’été où l’on se promenait, toutes les trois, moi, Marie et toi au bord de ce lac pailleté, transparent. On parlait, on riait, on jouait Nous étions heureuses et inséparables jusqu’à son déménagement à Lyon. Et puis, il y a eu ta mort, et la sienne.

Un frisson. Je me recroquevillais un peu plus sûr moi-même. Je levai les yeux au ciel, ou plutôt au plafond en l’occurrence, un plafond gigantesque. Sur les murs de calcaire rouge, brun suintaient des gouttes d’eau laiteuses. Et tout là-haut, un point de lumière, brillante, heureuse, folle. Mon regard se porta alors sur la gauche où se trouvait un escalier grossièrement taillé dans la roche. Je l’empruntai et de ses mirifiques spirales, il m’entraina sur l’herbe d’une montagne de verdure, dans une prairie inondée de cette lueur blanche du jour, juste à la sortie de la … grotte. Devant-moi, une étendue immense et derrière, la belle Lyon, cette ville où habitait Marie… Et si… si quelqu’un se doutait de ma présence… si quelqu’un savait que je la connaissais ?

Je courrais, courrais sans m’arrêter, sans me retourner. Qu’ai-je fait ? Tous ces morts, serait-il possible que ce soit… moi ? Mais, comment ? Pourquoi est-ce que je ne m’en souviens pas ? Pourquoi est-ce-que j’ai l’impression que toutes mes convictions s’écroulent une à une à chacun de mes pas ? Et quel est cet effroi qui m’entraine encore ? Quelle est cette folie qui me torture l’esprit ? La forêt devant-moi semble aussi touffue de mystères et d’horreur que ne l’est mon cœur… Je ne sais plus qui je suis, où je suis et ce que je fais, mon âme s’égare parmi les grands arbres, ma raison se déchire sur les feuillages sombres. Et je cours toujours. Est-ce qu’un jour je pourrais m’arrêter ?

Un bruit, ce craquement sourd dans mon dos. Mes pensées s’emmêlent. Un animal, quelqu’un ? Est-ce que lui aussi périra ? Cet ennemi invisible qui me taraude l’esprit prend peu à peu tout ce que j’affectionne. Qui va donc sortir de ce sous-bois ? Quel être cher va-t-il encore m’enlever ?

Une main flétrie, écorchée, blessée par les hostiles végétaux. Elle semblait appartenir à un cadavre et cette voix rauque, désespérée qui criait:  «A l’aide ! »  Me regardant, suppliante. L’ombre se convulsa d’horreur.                                                                                                          Dans ma main, un métal froid, aiguisé. Une goutte de sang tomba sur le sol, rouge, trop rouge. Serrée dans ma paume, une lame argentée. Cette main moite et tremblante qui avait tué et fait souffrir. Mais était-ce vraiment moi qui avais ôté la vie à tant de personnes ? Ces souvenirs inexistants. Possédée… J’étais possédée…    

Je pouvais le faire, je devais le faire, me prouver que cela était faux, que je contrôlais mes moindres faits et gestes, je le pouvais… Cette arme tranchante avança vers le corps souffrant du jeune homme, puis, un moment d’hésitation… Mais l’insipide diablerie qui me tenait ne s’arrêta pas là. Dans la chair tremblante, j’enfonçai ma pointe, doucement, doucement, tentant de lutter contre cette invincible sauvagerie, tandis que l’homme agonisant sur le flanc respirait trop peu, trop lentement, trop fort. Et à un moment, il s’affaissa, se tordit brusquement dans un dernier sursaut et se laissa tomber sur le sol, tel une poupée de chiffon, sans vie. Horrifiée, Je n’osai même plus détacher mon regard du mort, mes yeux posés sur la fontaine au noyau d’acier qui coulait à flot de sa poitrine, où était plantée avec une précision infernale mon arme au centre de son cœur. Je l’avais tué…

Soudain, une alarme. Des dizaines de policiers autour de moi. C’était un piège, j’étais piégée, piégée et impuissante face à ces hommes armés, mon crime, sous leurs yeux. Que pouvais-je faire ? Il m’était impossible de fuir, de courir vers elle, vers la liberté que je cherchai désespérément, cette liberté pour laquelle j’avais tué. Mais je m’étais enfermée seule derrière ces barreaux de cruauté. Alors, mon étreinte aussi solide que le métal que j’agrippai se desserra et j’abandonnai là, la victime de mon mal baignant dans un bain rouge de démence.

 

 IIIII IIIII

10 jours. 10 jours d'enfer et de malheur. Je l'avais trouvé, ce sentiment indescriptible, la culpabilité... Sous mes yeux, mes mains encore tachées qui, me rappellent ce mal qui me possède... Criminelle, je suis une criminelle. Et emprisonnée.

Claire, Claire! Libère-moi! Tu m'as enfermée, tu m'as trahie! Tu avais pourtant promis que tu ne me ferai pas de mal!

 

De ma faute, tout est de ma faute! Je suis désolée. Comment ai-je pu? Pardonne-moi, je t'en prie Diane, pardonne-moi!

 

Nous étions seules, j'avais écarté tout témoin, nous avions presque gagné... Mais toi tu as fui et tu m'as trompée, tu l'as tué. Cet homme-là devait passer son chemin, pas y périr

 

Nous étions seules? Tu as écarté tout témoin? Qu'as-tu fais réellement? Pourquoi dis-tu ça?

 

Je... Rien!!

 

C'est toi!! Dès le départ, tu m'as manipulée! Tous ces regards sur moi t'étaient destinés. TU M'AS MANIPULEE!!

 

Ne crie pas! Chut! Doucement! Est-ce que tu me crois capable d'une telle ignominie? Je suis ta meilleure amie, la seule! Tu ne t'en souviens plus? Echappe toi, ton erreur je la réparerai,seule.Laisse-moi finir ma guerre!

 

Ta guerre... Contre qui? Pourquoi?

 

Contre tous, ils nous veulent tous du mal. Tous ces souvenirs, tes attaches, nous attirent vers le fond du gouffre. Je les ai coupés pour toi, pour moi, pour la délivrance. Je t'ai offert des ailes, tu les as refusées. Alors laisse-moi les prendre, terre toi derrière moi et ne fais plus rien. Tu as la vie, moi j'étreins la liberté... Je me suis battue, tu m'as résistée, alors laisse-moi savourer ma si douce victoire! Va-t’en, donne-moi ta vie!

 

Non! Non je ne veux pas! Tu as détruit ma vie sans jamais penser à ma souffrance! Je te laisse au fond de cet abysse et jamais tu n'en sortiras, jamais...

 

Regarde, crois-tu que tu as le choix ? Tes bourreaux arrivent pour te conduire au procès. Est-ce que tu penses que quelqu’un pourra m’empêcher de tuer et de gagner ? Le massacre n’est pas terminé, tous pensent que tu es une criminelle et moi je suis invisible, insaisissable.

La salle était pleine, les curieux amassés derrière les rambardes. L’avocat de la défense m’accusant avec véhémence, celui que l‘on m’avait attribué m’inventant des alibis afin de réduire ma peine et enfin le juge, un peu ventripotent, la tête entre les mains, déjà las, qui les écoutait d’une oreille distraite.

Agacé, désespérée, coupant court à ces débats, je me levai et pris la parole :

-         Je suis coupable ! Cet homme quel qu’il soit, je l’ai bel et bien tué, de mes propres mains. Regardez-les ! criai-je, et tous les fixèrent avec attention, elles sont rouges et souillées, elles avouent qu’elles sont infernalement cruelles. Ce n’est d’ailleurs pas tout, Mr et Mme Robian, mes parents, leur fils, mon frère et Marie Relier, mon amie, tous ont péri sous mon arme. Je suis une tueuse par la haine et le couteau. Je suis dangereuse. Je vous en conjure, enfermez moi, je suis capable des pires crimes. Par pitié, vous n’êtes pas en droit d’ignorer la supplication d’une femme déjà condamné… Enfermez-moi.

Le silence se fit dans la salle et l’on me regardait tristement. Le juge frappa de son marteau le bois du bureau :

-         Je déclare que vous êtes condamnée de prison à perpétuité.

 

J’avais réussi, et perdu aussi. Mon existence se résumerait à 4 murs. L’ennui éternel. Mais plus personne ne serait menacé, je ne pourrai plus tuer, enfermant avec moi à jamais la criminelle, la vraie.

Epilogue:

Tous les médecins l’entouraient, ses yeux clos, un drap blanc posé sur son cœur frêle et ridé, elle somnolait et pendant ce temps les dispositifs qui surveillaient sa respiration hurlaient et s’affolaient. Tous s’évertuaient mais la pauvre vieille vivait ses derniers instants. Puis le silence se fit, les machines s’arrêtèrent, ils avaient échoué. Dans un dernier râle la malade s’endormit pour toujours. Morte.

Les visages se firent tristes, on entendit quelques soupirs puis la pièce se vida, seule une infirmière resta pour s’occuper du corps inerte. Il ne restait plus qu’un  homme occupé à  ouvrir les tiroirs et y ranger les instruments de soin. La jeune femme se retourna alors qu’il s’apprêtait à sortir de la salle et l’interpella :

-         Docteur ? Excusez-moi, mais je voulais savoir. Cette femme, qui était-elle ?

-         J’ai entendu dire qu’avant qu’elle n’ait été amenée ici, elle était incarcérée dans la plus sure prison de la capitale, surveillée en permanence. Il parait que c’était une tueuse en série. Je la surveillais souvent et elle parlait toute seule, s’agitait dans tous le sens. Drôle de femme ! J’ai demandé au docteur Griss du service de psychiatrie de l’examiner.

-         Et que révélait son diagnostic ?

-         La pauvre vieille… elle étaitSchizophrène  

 

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cette nouvelle a été écrite avec mon amie Juliette.

vous pouvez retrouver cette nouvelle  et découvrir ses poèmes sur son blog : http://oiseau-de-lune.centerblog.net/ 

 

Commentaires (1)

anabelaconde le 20/03/2013
Bonjour ma douce amie
Ce matin j'ai ouvert grand mes fenêtres
je me disais le printemps et là ,le soleil aussi ,
mais zuttt le soleil et pas là !! il se cache ,il et méchante ?
Non uniquement il fait sont timide ..
Il va revenir petit à petit
pour nous réchauffer enfin le cœur .
Belle journée à toi gros bisous.Ecrire votre commentaire...
http://anabelaconde.centerblog.net


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